Jour 4 : De Latrabjarg à Bildudalur

Jour : Mardi 19 Avril

Quelle surprise au réveil !!! Le ciel est tout bleu, le fjord resplendissant sous la neige.

Reveil dans les fjords Nous voilà partis direction Látrabjarg. De France, j'avais quelques doutes sur la praticabilité de la route mais avec le beau temps, mes doutes sont levés. On verra plus loin que la vérité d'un instant n'est pas celle de toujours, surtout en Islande… Les cols sont un peu enneigées aujourd'hui. C'est beau !

On s'arrête faire le plein et quelques courses à Patreksfjörður (à Bildudalur, il n'y a qu'un minuscule mini-market/resto qui ferme à 18h ! Pas pratique pour dîner !)

Le vent s'est levé, si on faisait une petite partie de cerf-volant sur la plage près du Gardar ? Fait pas chaud quand même... Le musée de Hnotur est fermé à cette saison. Dommage !

La route est très spectaculaire avec la neige et le grand beau temps. Je commence à comprendre ce que signifie le symbole « blowing snow » sur le site de Vegagerðin. De petites congères commencent à se former...

On fait plutôt attention avec le 4x4 et tout au bout de la route sur le parking : une petite Yaris est arrivée jusque là. Ses occupants doivent être en vadrouille, personne à l'horizon. Je partirais bien pour une plus longue balade, mais le reste de la famille frigorifié (2/3°C et du vent) m'attend dans la voiture. Dommage, au loin la neige en haut des falaises m'attirait… Je remonte quand même au bord du vide un bon quart d'heure et j'ai le temps d'observer un peu les habitants de cette muraille de basalte noir (mais pas de macareux, pas encore arrivés). br/>
Au retour, on s'arrête à Hvallatur. Un ancien village baleinier d'après le nom ? Ou bien un coin où on aperçoit souvent des baleines ? On arrive à pique-niquer (rapidement !) au soleil, plus ou moins abrités du vent dans une ancienne bergerie. Le ciel se couvre un peu...

Enneigement

À Breiðavik, nous rattrapons un tracteur que nous doublons bientôt. Puis c'est un énorme pick-up américain qui nous rattrape. Que de monde ! D'un coup, il neige à gros flocons. Dans un passage où le vent souffle la neige en congères, une petite voiture de tourisme avec des gars autour. Je la dépasse puis, pensant qu'ils ont peut-être un souci, je me range à droite sous la pression du gros pick-up islandais qui semble assez pressé. Mauvaise estimation de la profondeur de la neige, oubli de déconnecter l'ESP et toutes les aides électroniques qui font le contraire de ce qu'il faudrait dans ce genre de situation : ça y est, on est planté dans 30 cm de poudreuse, en plein vent et sous la neige !!!

Les gars qu'on pensait secourir viennent à notre aide. On tire, on pousse… Le 4x4 ne bouge pas… L'Islandais au pick-up coincé derrière, 2 fois plus grand et plus barraqué que moi, sort comme un diable de sa cabine et se précipite à plat ventre sous notre engin avec une pelle. En quelques minutes, on est dégagé, et 2 mètres plus loin, en travers, plantés à nouveau ! « Are you joking? » me lance mon diable d'Islandais ! « I'm afraid I'm not »… Et il s'enferme dans son pick-up ! Nous voilà donc à creuser dans la neige sous la voiture tous les quatre… sans grand succès. Panne

Derrière nous sont bloqués : le pick-up du grand costaud, la petite voiture des touristes de nationalité indéterminée (qui n'étaient en fait pas du tout en panne !) et le tracteur. Je vais voir notre gaillard dans son pick-up et lui demande s'il aurait une sangle ou une corde pour nous sortir. Il n'a pas. Je lui demande de me prêter sa pelle : il a cassé le manche en faisant levier sous la voiture ! Au bout de quelques minutes, il se lasse d'attendre. Après une brève discussion avec le conducteur du tracteur, ils décident de faire repartir la Jeep en arrière plutôt qu'en avant. Après encore pas mal de neige dégagée, il prend le volant et on pousse. Bingo, ça sort ! Il recule comme un fou jusqu'à avoir une roue au-dessus du vide (je n'aurais pas osé !) et repart en avant tout aussi vite pour sortir le 4x4 de la zone problématique. Je le remercie et essaie de lui demander son adresse pour lui envoyer quelque chose en remerciement, il refuse et part très vite. Fin de l'épisode.

La route de retour jusqu'à Bíldudalur se fait sous des averses de neige… Inconscients sous le soleil du matin, nous avions promis aux enfants de finir la journée dans la source chaude de Reyjarfjörður tout près. Silja nous avait dit qu'il y avait la piscine dont j'avais entendu parler près de la route et aussi la source chaude naturelle un peu en retrait. Seulement il neige… Déjà 15 cm sur la route et ça continue. Et si on passe maintenant et qu'au retour ça devient impossible, on fait quoi ? Echaudés (ou refroidis ?) par l'épisode de la congère, on fait demi-tour… et on croise la Yaris qui était le matin à Látrabjarg le matin ! Ils ne doutent de rien ceux-là ! Je ne saurai sans doute jamais s'ils ont été jusqu'à la source… Pas moyen non plus sans doute de prendre la route côtière pour aller jusqu'à Selárdalur voir les sculptures de Samúel Jónsson. Tant pis, on passera une soirée tranquille à faire des jeux de société à Bíldudalur.

Après vérification sur le web que la route 60 est toujours fermée, je commence à envoyer des emails pour modifier nos projets pour les jours suivants en renonçant à faire le tour des fjords et à voir Dynjandi. Mais le manager du Fisherman à Suðureyri me répond que la route devrait être ouverte le lendemain… Et Björn, le patron de l'AJ passant nous voir pour savoir si tout va bien (nous sommes seuls dans la grande maison !) nous dit aussi qu'il est prévu que la route soit ouverte le lendemain.


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