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Compte-rendu : Sud Islande, 1 semaine - Février 2013

le 01 mars 2013 16:09
par capecross
Revenir au Forum Retour d'une semaine plutôt pluvieuse et douce en Islande du 15 au 22 février 2013
(Il a fait plus froid en France, sur la même période).

Pour les images,(4mn32sec), c'est ici :
http://vimeo.com/60821156

Vendredi 15/02 :
Arrivée à Keflavik, récupération de la voiture auprès de Blue Car Rental (Tucson, boite auto, old -model). La voiture a 137000 kms, des pneus hiver, un peu limite au niveau usure, même si les repères sur les pneus indiquent qu'il sont encore corrects. 
La météo est bonne pour ce soir et ça s'annonce comme étant peut-être la seule journée de la semaine avec un ciel dégagé. 
Les prévisions concernant les aurores boréales sont contradictoires entre le site islandais et le site de l'université d'Alaska. 
Avant de partir j'avais repéré sur google maps un spot potentiellement intéressant : le sud du lac Pingvallavatn.
Je dépose mes affaires à la Sunna Guesthouse (très bien), à deux pas de la cathédrale et je repars aussitôt. 
La nuit tombe vite et le gps me sera utile la nuit pour arriver au lieu repéré.
Il fait froid, un peu de vent, les bords du lac sont gelés et la neige recouvre les plaques de glace.
Dans le ciel étoilé, je perçois des bandes plus claires, j'installe le pied, l'appareil et après quelques réglages je commence à prendre des photos. 
La sensibilité spectrale du capteur fait que ce que mon oeil percevait comme des bandes blanchâtres, se révèlent vertes sur les photos ! 
C'est bien une aurore boréale ! 
Je peaufine le cadrage et règle l'intervallomètre de la télécommande pour prendre une image toutes les 30 secondes. 
Vers minuit le phénomène tend à s'estomper et je décide de rentrer.

Samedi 16/02 : 
Matin plutôt frisquet, la météo annonce un ciel un peu couvert et je pars vers le sud pour aller sur les bords du lac Kleifarvatn le long de la 42.
Au bord du lac des grandes plaques de glace sont cassées et s'enchevêtrent. Quelques rayons du soleil à contrejour au travers de la glace mettent en évidence la texture. Sur l'autre rive, les sommets sont enneigés.
Un peu plus loin le site géothermique de Krisusvik / Seltun. Quelques marmittes d'eau bouilonante, je trouve le site beaucoup moins intéressant que Namajfall, Hveravellir…
Je rejoins Selfoss puis prend la route en direction de Vik. 
Arrêts "obligés" au différentes cascades sur la route. Seljalandsfoss, Skogafoss. Rien n'est gelé, l'herbe jaune autour, le ciel gris ne donnent pas le charme de ces cascades vues en été. 
Le temps se couvre de plus en plus et le vent souffle en rafale. Je remonte le long de la 221 vers Solheimajokull. J'y arrive un peu tard, les groupes qui ont marché sur le glacier sont en train de quitter les lieux. La neige fraiche a recouvert la plupart des cônes glacés noircis de cendres qui m'avaient tant impressionnés en 2011. Cela a plus un aspect classique de langue glaciaire.
Avant Vik, le vent souffle de plus en plus et le grésil balaie la route à l'horzontale, particulièrement quand la route grimpe avant de replonger vers Vik. 
Le grésil me cingle le visage le temps de décharger les bagages et la neige commence à tomber à gros flocons.
Arrivée à l'auberge de jeunesse, plusieurs français y travaillent et la plupart des touristes sont aussi français ! L'auberge sera pleine ce soir, j'ai bien fait de réserver. D'ailleurs il semble qu'il y ait de plus en plus de monde, même en hiver (décembre et janvier ont été chargés). Pour Juillet et Août c'est complet.

Dimanche 17/02 :
Il a neigé toute la nuit et la couche mesure au moins 30 cm. Le vent n'a pas faiblit. L'auberge est en hauteur, et de là, on voit les chasses neige s'activer et plusieurs voitures sont arrêtées au pied de la côte sur la route N°1 devant le panneau indicateur. Je devine des caractères rouges, qui signale des vitesses de vent fort. Le site internet des conditions routières indique des passages difficiles et marque les emplacement des chasses neige. Cetains touristes essaient de partir avec leur véhicule, après avoir pelleté les amas de neige autour de leur voiture. Ça glisse, ça dérape, ça patine, alors les passagers sortent, poussent…. 
Je décide d'annuler ma réservation pour Jokulsarlon pour ce soir dans la mesure où ma chambre à l'auberge est encore disponible. 
Plus tard dans la matinée, le chasse neige viendra dégager le chemin d'accès à l'AJ. Mais en faisant cela, il a poussé encore plus de neige devant ma voiture. 
Je m'arme d'une pelle pour dégager et je tente de descendre "en ville". Les quelques rues de Vik sont complètement enneigées, même si ça commence à fondre (il fait doux : 5°). 
Ça dérape beaucoup, et même dans Vik, je n'aperçois même pas la mer. Je renonce et remonte à l'auberge. 
Dans l'après midi, nouvelle tentative, à pied cette fois. Il pleut, on s'enfonce dans la neige, des grosses flaques d'eau se sont formées. 
L'étanchéité de mes chaussures est mise à mal et je commence à avoir les pieds mouillés. 
Finalement, là aussi je renonce à aller jusqu'au bord de mer. 
La superrette est fermée (on est dimanche), seule la station service N1 est ouverte.

Lundi 18/02  :
Couverture nuageuse 100%, crachin. La neige est encore présente par plaques, mais ça a bien fondu. 
Je repasse de l'autre côté pour prendre la 215 et aller vers Reynisfjara. 
Je suis à peine arrivé, qu'un autocar déverse un flot d'adolescents qui vont se coller dans la caverne à côté des orgues basaltiques. Les vagues sont violentes. 
Je marche à distance sur la plage et tente quelques images dans cet univers totalement monochrome et contrasté, du noir du blanc, à peine quelques nuances de gris au niveau de la mer et dans le ciel. 
Les ados repartent, je reste un peu pour profiter de ces instants de solitude.
Je reprends la route, arrêt à la superette de Vik pour quelques courses puis direction l'Est. 
Je vais passer sur le pont provisoire reconstruit après le Jokulhaup de d'été 2011. (Je campais près de Skaftafell quand c'était arrivé et par chance j'étais du bon côté, reprenant le bateau à Seydisfjordur). 
Les brèches ouvertes dans l'ancienne route sont impressionnantes. 
Le long de la route beaucoup de groupes de chevaux.
A chaque fois qu'on s'arrête et s'approche, curieux comme ils sont, ils viennent se coller près de la clôture, pas simple de les photographier dans le paysage…
Petite piste à gauche ves la langue glaciaire de Svinafellsjokull….. A la couleur bleue de la glace se mêle les trainées de cendres noires.
Le temps est toujours aussi couvert et ça crachine.
Arrivée à Jokulsarlon, brouillard, on ne voit que quelques icebergs qui flottent au premier plan et la tête de phoques qui émergent de temps en temps.
Dans le brouillard, avec très peu de vent la surface du lac est lisse et n'est pas troublée par les bateaux amphibies qui sont une plaie pour le photographe en été.
Le lac n'est pas gelé, sans doute en raison de sa proximité immédiate avec la mer. 
Sur la plage, c'est un chaos de blocs de glace échoués, la quantité est impressionnante comparitivement au nombre plus restreint en été. 
Mon hotel (Hali) est à 12 kms de là, à l'est, c'est un endroit parfait pour qui veut être sur place le matin ou le soir. Il y a une cuisine disponible, que j'utilise, si on ne veut pas manger au restaurant.

Mardi 19/02  :
Couverture nuageuse 100%, toujours du brouillard, mais le crachin s'est arrêté. 
Retour au bord du lac Jokulsarlon, toujours beaucoup de monde, le lieu est un must pour les tours photographiques et les "photographic workshop". 
J'échange quelques mots avec un photographe anglais qui vit à reykjavik et qui pilote à bord de son 4x4 un touriste photographe américain. Je n'ose pas imaginer le coût d'un tel séjour en individuel. 
Les voyages photographiques deviennent une véritable industrie en Islande.
Après quelques images faites en arpentant les rives, je pars vers le Fjallsarlon. 
Beaucoup moins fréquenté, j'y serai seul pendant plus de 2 heures. 
Ce lac est intéressant, la langue glaciaire y déverse son lot d'icebergs, mais comme le lac n'est pas ouvert sur la mer, les blocs y sont prisonniers. 
La surface est encore plus calme qu'au Jokulsarlon et la langue glaciaire s'y reflète parfaitement. 
Pensant avoir épuisé un peu le sujet, la lumière ne changeant pas, je repars vers Jokulsarlon, côté plage cette fois-ci. 
Le sable noir est constellé des traces des flots de touristes qui sont passés. 
Pendant que je marche, deux Hummers foncent le plus loin possible sur la plage, zappant le parking et débarquent une douzaine de "photographes" qui restent aglutinés autour des mêmes blocs de glace et doivent avoir des difficultés pour prendre des photos sans avoir un de leur collègue dans le champ…

Mercredi 20/02 :
Couverture nuageuse 100%, pluie averse. Je dois repartir vers l'Ouest. 
Bien sûr je fais un arrêt au bord du lac, il est tôt et je suis le seul. Mais la pluie est telle que je ne sors pas de la voiture.
J'ai 340 kms de route vers Selfoss et je ne m'attarde pas, je retraverse les vastes étendues de sable noir avec les cours d'eau qui s'écoulent vers la mer. 
Dans ces déserts seules les lignes électriques marquent la présence humaine et le lien d'une zone habitée à une autre. 
A la hauteur de la 206 et la 208 la lave est recouverte de mousse verte avec ça et là des taches de lichen et une végétation rasante. 
Quelques plaques de neige subsiste dans le creux du relief. 
Nouvel arrêt à Vik, toujours le même univers noir et blanc. Les vagues entourent les pitons de Reynisdrangar et l'écume blanche se déverse sur la plage de sable noir. 
Au loin ciel et mer se confondent.
Etape un peu avant Selfoss, j'ai réservé au Vanshlot B&B, c'est un centre équestre. Il y en a partout dans cette région, des pistes cavalières longent les routes. 
Accueil sympathique par une charmante grande blonde islandaise. Repas de poisson excellent.
J'avais choisi cet endroit, isolé, à proximité d'un tout petit lac, dans l'espoir d'opportunités en cas de présence d'aurores boréales. 
La couverture nuageuse et la pluie font que je n'aurai pas cette chance. 
C'était aussi un endoit que je trouvais stratégique pour savoir ce que je ferai le lendemain.

Jeudi 21/02 :
Soit monter vers le nord pour aller revoir Gulfoss, soit retouner dans la péninsule de Reykjanes. 
D'après ce que je savais la cascade n'était pas gelée, j'optais donc pour Reykjanes, moins de kilomètres à faire pour rejoindre Keflavik. 
Pluie, ciel complètement bouché, cette dernière journée ne fut pas fructueuse. 
Les plaques de glace au bord du lac Kleifarvatn. le long de la 42, avaient disparues. Le brouillard ne laissait même pas voir les sommets de l'autre côté de la rive. 
Je tentais Grindalvik et la côte, mais la visibilté nulle fait que c'était sans intérêt. 
Restait l'incontournable Blue Lagoon…Le prix de l'entrée a un côté prohibitif, pour faire trempette, de mon point de vue, mais le lieu est intéressant à voir et l'on peut marcher autour. 
Les blocs de lave émergeant de l'eau laiteuse sont quelques choses que je n'avais vu nulle part ailleurs. 
Plutôt que de dormir à Reykjvik, j'avais opté pour l'hotel Airport Smari, à 5 minutes à pied de l'aéroport, afin de pouvoir rendre la voiture le soir même et ne pas être tributaire de mauvaises conditions de circulation pour être à l'aéroport vers 6h du matin. 
Bien que situé juste à côté de l'aéroport, cet hotel est bien isolé et je n'ai pas été gêné par les avions. (je pense qu'il n'y a pas de traffic la nuit.)

Vendredi 22/02
Décollage à 7h40. RAS.

J'aurai préféré un temps bien froid et sec, j'ai eu un temps humide et doux. D'ailleurs finalement les températures étaient à peu près similaires à celles que j'ai connu de mi juin à mi juillet 2011, avec parfois moins de vent !
Le sud de l'Islande est pluvieux et décidément en 4 passages à Vik (2 en été, 2 en hiver), j'aurai toujours eu de la pluie.
Des fois en Islande, il suffit de se déplacer d'une trentaine de kilomètres pour que le temps soit différent, là cela n'a pas été le cas.
Aucun problème avec le choix du Old Model car de Blue Car Rental, des pneus hiver en meilleur état auraient été plus rassurant. Et ce modèle 4x4 permanent, 6 cylindres, est très gourmant 11 à 12 l/100kms !
En ce qui concerne les hébergements, j'avais réservé à l'avance et je pense qu'il faudra être de plus en plus vigilant, l'Islande attire de plus en plus de monde et l'hiver n'est plus un obstacle à la fréquentation.

Maintenant place à mon prochain voyage en Islande de cet été (début Juin - mi Juillet)…Arrivée en bateau par Seydisfjordur.
En attendant d'y retourner encore un autre hiver...

Voilà pour le texte, pour les images, (4mn32sec) c'est ici :
http://vimeo.com/60821156

PS: J'ai essayé de ne pas être trop long, mais peut-être faut il déplacer ce fil...
Répondre 4 réponses 2604 vues 0 0 0
Merci pour le compte-rendu !
Pas de chance avec la météo... Sauf le créneau le premier soir.
Oui, il faisait bien plus froid en Région parisienne. Mais on n'a pas vraiment vu le ciel ici non plus. :-)

Oui, Vík est l'endroit le plus arrosé d'Islande et un des plus pluvieux du monde aussi je crois. Le lien ne marche plus, mais il y a quelques années, j'avais trouvé un site qui donnait la pluviométrie d'une multitude d'endroits dans le monde. L'infographie utilisait un dessin de verre gradué avec le nombre de mm de pluie annuelle. Celui de Vík débordait !
J'y suis passé 3 fois. 3 fois aussi sous la pluie. :-)

Il semble donc que Blue sans en faire un plat comme Sadcars loue aussi de vieilles autos. Ça explique le prix... 11/12L avec un 4x4 à moteur à essence ce n'est pas si énorme.

@+
Pierre
par Pierre le 01 mars 2013 17:36 0 0 0
@ Pierre

En fait tu as le choix entre ancien et nouveau modèle (du moins pour certains véhicules)

Alisa
par Alisa le 01 mars 2013 21:31 0 0 0
@ François,

Très jolies images, malgré le mauvais temps, tu as quand même réussi à capter de belles lumières. J'aime beaucoup l'image finale sur le générique.
Par contre je suis surpris en lisant ton texte, je pensais que la couleur verte des aurores étaient visibles à l’œil nu.

Alisa
par Alisa le 01 mars 2013 21:46 0 0 0
@ Alisa
J'ai pas mal discuté avec une française qui travaille à l'AJ de Vik et qui vit depuis 2 ans dans des pays nordiques, souvent au delà du cercle arctique. Elle m'a affirmé que l'on perçoit la couleur verte à l'oeil nu, plus rare des nuances violettes et rouges.

Je pense que cette nuit là, le phénomène n'était pas suffisamment intense pour être perceptible à l'oeil, mais que la sensibilité spectrale de l'appareil photo a capté le rayonnement et sa longueur d'onde.
D'autres témoignages seraient utiles.

Indépendamment de la couleur, Il est vrai aussi que le time-lapse (une image toute les 30 secondes) accélère l'animation et le rend plus perceptible. La séquence sur le film qui dure 14 secondes, correspond à une heure en réalité.

Une précision... je ne suis pas daltonien. Et mon métier m'a exercé l'oeil en matière de colorimétrie.

@Pierre
Oui comme Alisa le précise, chez Blue Car Rental, certains modèles de voiture (3) sont disponibles en old-model, mais ils ont majoritairement des véhicules récents.
par capecross le 01 mars 2013 23:04 0 0 0
Je réponds...
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