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Islande Mai 2016

le 10 juin 2016 18:52
par Marie
Revenir au Forum Bonjour à tous,
J'ai terminé le récit de notre escapade islandaise réalisée en mai dernier.
Il me reste à insérer une partie des photos, très bientôt, dès que ma connexion sera moins merdique!

Le lien vers le récit : https://sites.google.com/site/islandemai2016/home

Pour ceux qui ont du bas débit, ci-dessous le texte seul, bonne lecture!

Marie

ISLANDE MAI 2016
4ème voyage en Islande, on adore ce pays !
Juillet 2003 : 1er voyage en famille camping-car : émerveillement et petite frustration de ne pas pouvoir aller « partout » https://sites.google.com/site/sibellelaterreislande/Home

Juillet 2012 : 2ème voyage toujours avec nos 3 enfants en louant sur place un 4X4 et en emmenant le matériel pour bivouaquer où bon nous semble : même émotion que la 1ère fois, décidément ce pays a tout pour nous plaire. https://sites.google.com/site/hautesterresdislande/home

Juin 2013 : 3ème voyage juste nous 2 les parents pour faire le trek Landmannalaugar Skogar, en tout début de saison : pas grand monde et météo sympa ! https://sites.google.com/site/landmannalaugarskogar/home

Pour ce 4ème voyage, nous avons la chance de disposer d’un fourgon aménagé 4X4 : la formule idéale je pense pour profiter en toute liberté de cette île au climat si fantasque. Nous n’avons pas de programme pré-établi mais avons répertorié les randos qui pourraient nous plaire. Nous allons avancer au fil de la météo : flexibilité et opportunisme sont au programme !
Les enfants ont grandi et sont maintenant (relativement) autonomes, c’est l’occasion de découvrir l’Islande autrement qu’en été !
Nous réservons donc en novembre la traversée sur le Norröna (Cie Smyril Line), appareillage du Danemark (Hirtshals) le samedi 14 mai à 15h, courte escale à Torshavn aux Féroé le 16 mai et arrivée à Seydisfjordur en Islande le mardi 17 mai à 9h00.
Nous espérons voir des paysages encore enneigés, pouvoir profiter des longues journées de printemps, et d’une fréquentation touristique encore raisonnable.
Certes la plupart des pistes de l’intérieur seront fermées mais comme nous y retournerons en août, aucune frustration !
Préparatifs :
En plus de l’incontournable Google Earth, des cartes compatibles garmin pour mapsource http://ourfootprints.de/gps/mapsource-island.html, j’ai utilisé la carte Michelin Islande (très bien mais échelle un peu grande), téléchargé l’appli wikiloc sur mon smartphone avec la carte d’Islande (utilisable offline) et les parcours qui nous intéressent, acheté un petit bouquin pas mal du tout qui répertorie les pistes : Trackbook, 58 highland adventures de Melina Lindenblatt et Mathias Gottenauer.
Pour le fourgon, nous y avons rajouté un snorkel afin d’être sereins pour les gués, des plaques de protection à l’avant et pour la boite de transfert, des pneus tout terrain, procédé à la mise à l’air du pont arrière, embarqué mèches et compresseur, sangle de traction et manilles, pelle et plaques de désensablement.
Après avoir hésité jusqu’au dernier moment, nous embarquons raquettes et crampounets (microspikes de Kahtoola) : l’étude des webcams sur le site www.road.is
montre qu’il reste encore pas mal de neige dans le nord-est en particulier.
Je mets en marque-page sur mon portable ce site www.road.is qui informe en temps réel sur l’état des routes et les ouvertures de pistes, et http://en.vedur.is/ pour suivre plusieurs fois par jour l’évolution de la météo.
Je prévois d’acheter à notre arrivée une carte sim SIMINN, qui placée dans un petit routeur wifi va nous permettre une connexion facile à internet pour un coût très raisonnable https://www.siminn.is/prepaid/

Vendredi 13 mai 2016
Départ de Nancy vers 8h00, traversée pénible de l’Allemagne (70 km/h de moyenne par les autoroutes…), et nuit au Danemark un peu après la frontière en bord de mer.
Déjà 1000 km au compteur, encore 240 jusqu’au bateau…
Samedi 14 mai 2016
Route parfaite au Danemark, nous arrivons comme des fleurs avec 3h d’avance à Hirtshals.
Le temps de faire un tour rapide sur le port où trainent 1 ou 2 plates-formes pétrolières (c’est graaand !), de voir arriver le Norröna, de manger un morceau, le guichet de pré-embarquement ouvre à 12h30.
J’indique que je souhaite débarquer avec le fourgon aux Féroé (j’avais eu auparavant confirmation par mail que c’était possible), si bien que nous embarquons parmi les derniers, après une très longue attente due à l’inspection des innombrables semi-remorques (chien renifleur + miroir) qui composent au moins les 4/5ème du chargement.
Quelques bus de tourisme, des voitures et quelques camping- cars plus ou moins équipés nous accompagnent. A cette époque, le Norröna transporte énormément de fret.
Nous appareillons avec 3h de retard, alors que souffle un fort vent de nord-ouest.

Dimanche 15 mai 2016
Les heures s’écoulent lentement…
Lundi 16 mai 2016
Enfin un peu d’action !
L’escale prévue de 5h à 14h est amputée des 3h de retard à l’appareillage, que le bateau face au vent et à la mer n’a pas pu rattraper.
Nous arrivons donc à 8h à Torshavn, capitale des Féroé (50000 habitants, 80000 moutons). Le ciel est bien bas
Peu importe, nous débarquons les premiers (enfin après un certain nombre de camions), ravis de respirer un peu d’air frais (les passagers des bus allemands et polonais fument et picolent 24/24, même en zone non-fumeur, beurk !)
Il est déjà 9h00 et nous devons être de retour pour 13h : tout petit aperçu des îles Féroé en quelques photos.
Les montagnes d’origine volcanique plongent dans la mer, quelques coquets villages reliés par des routes audacieuses où se serrent les unes contre les autres de jolies maisonnettes aux couleurs vives.
Un climat très humide avec de rares lueurs solaires (températures moyennes de 11°C en été, 4°C en hiver), un printemps tardif (les arbres sont encore « tout nus »)
Le pays vit de la pêche depuis « toujours » et la moindre crique même minuscule pas trop exposée aux vents dominants a permis l’implantation d’un petit hameau.
Nous réembarquons rapidement, appareillons à 14h00, passons entre les îles, reconnaissons le petit village de Gjov où nous étions tout-à-l’heure, au pied du Slættaratindur, sommet de l’archipel (880 m), puis c’est la haute mer…

Mardi 17 mai 2016
Après une 3ème nuit à bord, notre 1er regard se porte vers le nord-ouest et oui ! C’est enfin l’Islande, encore bien enneigée comme nous l’espérions !
Nous embouquons le fjord de Seydisfjordur, sous les nuages mais une lueur d’espoir se profile au Nord-est…
Au sud, l’atmosphère est franchement austère et hivernale mais de l’autre côté, ça sent le printemps !
Un regard en arrière sur l’entrée du fjord…
Voilà Seydisfjordur, sous le soleil à présent !
Nous débarquons les premiers, avant les camions !
Petit salut des douaniers et nous voilà déjà sur la route qui monte sur les hauts plateaux dominant le fjord : de la neige d’un blanc éclatant partout, du ciel bleu orné de crème chantilly !
Nous jubilons !
Passage rapide à Egilstadir pour faire le plein de bouffe, acheter la carte sim pour les data (le beau temps devrait durer quelques jours !!), puis nous prenons la route 94 vers le nord et les monts Dyrfjoll.
Et au milieu coule une rivière….
Il y a des centaines d’oies et de cygnes partout dans cette large vallée, nous n’en avons jamais vu en si grand nombre !
La brèche caractéristique du Dyrfjoll est à présent bien visible, énorme !
A l’est l’immense delta de la Lagafjlot.
Nous nous arrêtons au col avant Bakkagerdi et partons équipés de nos crampounets (la neige est bien dure mais la pente est raide) sur la rando de Storurd.
Le massif culmine à 1136 m et la neige est présente dès 300 m : atmosphère de haute montagne à quelques centaines de mètres de la mer !
L’heure avance, la neige se ramollit, il est illusoire d’aller jusqu’à Storurd (zone d’énormes éboulis en contrebas de la brèche) donc demi-tour jusqu’au fourgon, impatients que nous sommes de poursuivre notre exploration de ce coin magnifique.
Nous longeons la côte ouest du Borgarfjordur, en examinant avec attention la côte est d’où part une rando vers la baie de Brunavik : hum, c’est encore très enneigé…
Vue de la face est de la brèche du Dyrfjoll, pas mal non plus !
Au bout de la piste se trouve une ferme à eiders (on en verra plein partout sur la côte nord, elles sont facilement repérables d’abord grâce aux volatiles très nombreux mais aussi du fait de la présence de petits fanions et autres épouvantails destinés à éloigner les importuns- grands corbeaux, grands labes et labes parasites en particulier)
Un éperon rocher permet d’observer des pétrels fulmar, espèce d’oiseaux de loin la plus représentée durant notre voyage.
Nous prenons la (mauvaise) piste vers Brunavik sur quelques centaines de mètres puis nous préférons stopper avant d’être coincés par la neige.
Nous poursuivons à pied, hélas sans les raquettes (les crampounets ne sont pas adaptés car la neige est très molle sur ce versant ensoleillé) et bien qu’avides de découvrir plus avant ces belles montagnes colorées, nous devons renoncer (il faudra revenir !)
Vue grandiose sur le Borgarfjordur…
Le village de Bakkagerdi est vraiment situé dans un environnement grandiose…
Retour vers le sud par la piste 94, où nous essayons d’approcher les oies, fort méfiantes.
La compagnie des chevaux leur est plus familière !
Nous trouvons une petite piste près de la route 94 pour passer notre 1ère nuit en Islande : c’est si beau dans la lumière rasante du soleil couchant que j’en ai les larmes aux yeux…

Mercredi 18/05/16
Nous repassons à Egilstadir et comme la route directe vers Vopnafjordur est encore fermée, nous prenons la route N°1 sur quelques dizaines de kilomètres très enneigés.
En altitude (relative hein, 300 m environ) la fonte s’amorce timidement,
Alors que quelques dizaines de mètres plus bas, elle est plus franche.
Nous bifurquons ensuite sur la 85, que nous allons rebaptiser la vallée des cygnes tant ils sont nombreux !
Plein d’essence et pause déjeuner à Vopnafjordur, puis nous continuons sur la belle route 85 qui parcourt une sorte de bout du monde désolé, ponctué de rares fermes dont la plupart semblent abandonnées.
Sans doute pas toutes puisque quelques chevaux sont toujours là.
Encore des nids d’eiders, toujours situés à l’embouchure d’une rivière où les canards s’amusent à se laisser porter à toute vitesse par le courant !
Partout sur cette côte, du bois flotté venu des forêts de Sibérie : une source inépuisable de matériaux utilisés dans les fermes pour les clôtures.
J’ai repéré sur la côte ouest du Thistilfjordur une rando vers Raudanes. Mauvaise surprise la piste d’accès est fermée…mais le départ de la rando n’est qu’à 1.5 km selon wikiloc. On hésite un peu puis on se décide et on a bien fait !
Très vite apparaissent les premières arches basaltiques, avec une profusion d’oiseaux : pétrels, eiders en majorité.
A l’est la péninsule enneigée de Langanes miroite au soleil.
La côté s’étire vers le nord, ponctuée d’arches volcaniques érodées par les flots.
Soudain, alors que je pensais que nous étions trop tôt en saison, surgit un premier macareux, puis un autre !
Alors que sur la côte la végétation n’a pas quitté sa rousseur hivernale, le sommet des rochers abritant des oiseaux, fertilisé par le guano est tout fleuri !
Voilà une bonne place qui semble convoitée !
Un rocher tout blanc attire notre attention, quel succès auprès des oiseaux !
Encore quelques centaines de mètres et nous découvrons émerveillés le clou du spectacle !
Le temps de penser que ce serait fun de photographier l’escargot à travers l’arche, nous découvrons un petit sentier qui mène au bord de l’eau.
Et voilà !
Avec du recul, nous remarquons que le rocher blanc est en fait aussi une arche, qui en plus possède une jumelle !
L’endroit est aussi apprécié des oiseaux et…des macareux en particulier, qui ont investi le sommet d’un promontoire herbeux, transformé en forteresse imprenable !
Un véritable HLM avec vue sur mer !
Nous n’avions jamais remarqué le comportement grégaire des macareux : ils décollent ensemble pour aller à la pêche et reviennent tous de façon synchrone, trop marrant !
Nous observons longuement leur manège puis le ciel commence à se voiler, la température fraichit, il est temps de regagner le fourgon (ne faites pas comme nous : mieux vaut revenir par la côte plutôt que de continuer la boucle, parcours plus long et pas palpitant)
Nous faisons un petit détour par Asbyrgi, qui ne nous enthousiasme toujours pas (pas de photos), constatons que la piste vers Hjodaklettar est toujours fermée (dommage !) et trouvons un coin pour la nuit pas loin de la 85 après Vogar.
Accueil bruyant des sternes qui s’habituent très vite à notre présence.

Jeudi 19/05/16
Derrière cette langue de terre, les montagnes de Viknafjoll : nous approchons de Husavik.
Nous profitons des dernières heures de beau temps pour aller nous balader sur la plage et la falaise de Hedingshofdi.
Ciel pommelé et femme fardée sont de courte durée, dit le dicton. Aussi nous équipons nous rapidement, ajoutons ce système anti-sterne improvisé mais très efficace (les sternes attaquent le point le plus haut), et nous partons vers la falaise qui surplombe le petit îlot de Lundey.
Encore un parc à eiders, comme toujours protégé des prédateurs et piétineurs…
Le vent soulève quelques embruns…
Peu d’oiseaux sur la falaise en dehors des sempiternels pétrels, mais des chevaux très avides de contact dans la prairie de l’autre côté.
Les voilà qui approchent
Puis nous passent au nasomètre…
C’est étonnant comme leur pelage est inodore et non gras, à la différence des chevaux de chez nous…
Si quelqu’un a une explication…
Voilà, le soleil est parti, nous reprenons la route, contents de notre bol d’air matinal sous le soleil (balade pas indispensable cependant)
Ravitaillement à Husavik (pas d’excursion baleine pour nous, on a déjà donné il y a 13 ans et c’était…bof et très froid !), petite pause au lac chaud à la sortie d’Husavik, où nous nous étions baignés lors de notre premier voyage. Ici le printemps est en avance grâce au microclimat généré par les vapeurs d’eau chaude.
Un tout petit zoziau trop mignon et peu farouche se laisse prendre en photo, si quelqu’un connait son nom ?
Le ciel est franchement menaçant quand nous arrivons au lac Myvatn où le cratère de Hverfjall à l’arrière-plan semble bien austère.
Il est encore partiellement gelé…
Quelques beaux ciels

Puis le temps se couvre complètement et il se met même à neigeoter lorsque nous commençons la petite balade de Hofdi, sur la rive est du lac.
Cette petite presqu’île boisée, repaire de quelques jolis oiseaux comme ce lagopède encore en tenue hivernale, permet d’avoir une vue rapprochée sur les formations de lave et les pseudocratères qui sont la caractéristique de ce lac, connu par ailleurs pour ses moucherons, déjà présents mais pas encore gênants.
Il est encore un peu tôt pour apprécier la végétation printanière, mais mousses et lichens semblent déjà en pleine forme.
Nous gardons un très bon souvenir du site de Leirhnjukur à Krafla mais cette fois il neige et le site semble inaccessible.
Les quelques touristes présents se contentent d’un aller-retour jusqu’au lac de Viti.
Pause-déjeuner, qui porte conseil, un œil sur wikiloc pour apprécier la distance qui nous sépare du site : à peine un peu plus d’un petit km ! (il fait si moche qu’il est difficile d’apprécier les distances)
Le temps de chausser les raquettes, le temps s’améliore et il cesse de neiger.
Nous arrivons au pied de la montagne orange, dépassons une belle flaque bleue et montons d’abord jusqu’au sommet de cette montagne, ce qui nous permet de réaliser que nous avons fait des émules, qui se dirigent dans notre direction (avec pas mal d’énergie car sans raquettes, on s’enfonce bien !)
La neige donne une cartographie des températures du sol.
On repart vers le joli cratère miniature en longeant une faille d’où s’échappent de nombreuses fumerolles,
Puis pour faire une boucle nous rechaussons les raquettes afin de continuer dans la neige.
Le temps de dire à Fred qui marche devant qu’il pourrait y avoir des trous cachés sous la neige, que gloups, le voilà qui disparait presque tout-à-coup !
Pas de mal, bonne rigolade rétrospective, puis on regagne le fourgon sans autre incident.
Fred a encore le courage de marcher jusqu’au Viti : je me doute qu’il est gelé et je reste au chaud. Bof en effet, pas de belle couleur bleue of course, ni de bel écrin jaune non plus.
Ravis de notre petite escapade « privée », nous prenons sous la pluie la route vers Dettifoss où nous arrivons en fin de journée.
Il fait moche, on en a plein les pattes, alors on décide de dormir là (théoriquement no overnight parking mais il n’y a pas de night !) et d’en profiter demain.
2 kangoo aménagés et 2 voitures passeront aussi la nuit sur place.

Vendredi 20/05/16
Nous sommes restés calés sur l’heure française, afin d’éviter la foule et de profiter de la belle lumière du matin, si bien que nous démarrons souvent nos journées de bonne heure.
Un 6ème sens ce matin- là me réveille encore plus tôt : il fait beau ! Taïau !
A 6h00, nous partons vers Dettifoss par un sentier bien tracé, raquettes sur le dos, car il reste encore une bonne couche de neige et nous envisageons de pousser jusqu’à Hafragilfoss.
Voilà les embruns de Dettifoss !
La cascade étant orientée au nord et malgré l’heure matinale, elle est déjà à contre-jour (le soleil se lève vers 3h)
Avec ce ciel clair, il gèle un peu et c’est par endroit une vraie patinoire, en particulier sur la plate-forme d’observation.
Au-delà, quelques traces et cairns nous conduisent en aval vers la 2ème chute.
On descend dans un canyon noir,
Parsemés de jolies dunettes décorées de quelques brins d’herbe jaunie par l’hiver.
Après avoir un peu cafouillé, nous comprenons qu’il nous faut descendre jusqu’aux berges de la rivière par un raidillon qui passe dans un pierrier très instable (puisque remanié par le gel hivernal et quasi non fréquenté depuis)
On prend notre temps, ce n’est pas l’endroit pour se faire mal (d’autant que j’ai oublié de prendre la petite balise de détresse bien sûr), la photo comme toujours ne rend pas justice à la raideur du passage…
Nous voilà au fond du canyon, où nous allons longer la rivière, parfois sur des corniches de neige où nous essayons de nous faire aussi légers que possible…
Une vraie petite aventure dans un site sans doute hyper fréquenté en été, on jubile derechef !
Nous voilà à Hafragilfoss,
Avec son petit lagon d’eau tranquille, qui contraste avec le grondement de la rivière qui résonne entre les parois du canyon.
Petite pause vraiment bucolique un peu plus loin : il fait si bon à l’abri du vent au pied de la falaise de basalte qui renvoie la chaleur accumulée au soleil matinal.
Il nous faut à présent remonter sur le plateau, d’abord par un sentier bien tracé, puis un peu au pif en faisant un compromis entre ma trace GPS estivale et la neige accumulée cet hiver.
Arrivés en haut, il nous faut chausser les raquettes pour les derniers km jusqu’au fourgon.
Ouf ! Superbe balade où nous n’avons vu absolument personne. 5h en prenant tout notre temps
Alors que nous arrivons sur le parking où c’est l’effervescence (il y a même des bus immanquablement attirés par les toilettes), le soleil nous abandonne. Quel timing !
Un peu de neige à nouveau alors que nous retournons vers Myvatn, puis le soleil réapparait quelques instants alors que nous passons près de l’usine de diatomée aux eaux azur avant de retrouver quelques flocons épars.
Check météo : c’est décidé, on file vers le nord-ouest !
C’est la course avec les nuages, on retrouve le soleil à Akureyri, capitale du Nord magnifiquement située où nous faisons quelques courses avant de poursuivre par la 1 puis la 68 vers Holmavik.
Voilà, le mauvais temps est derrière nous.
Pas grand-monde non plus par ici, quelques fermes isolées, quelques moutons et chevaux.
On se pose pour la nuit près d’une plage où les billes de bois ont été soigneusement collectées et rangées. Il faut dire que ces troncs semi-immergés constituent un vrai danger pour les quelques petits bateaux de pêche qui sillonnent les fjords.
Ici aussi plein d’oiseaux qui s’habituent très vite à notre présence et finissent par nous oublier.

Samedi 21/05/16
Beau temps ! La météo avait vu juste !
Plein d’essence à Holmavik puis nous poursuivons sur la 643 en direction de Krossness (la piste vient d’ouvrir !)
Nous passons à Djupavik, certainement une ancienne station baleinière, où nous voyons notre premier phoque, assez farouche…
La route longe patiemment les courbes de chaque fjord où les maisons se font de plus en plus rares.
Puis elle s’élève jusqu’à un joli lac d’allure assez andine je trouve.
Ici on est si loin de tout que l’on garde tout ce que la mer dépose sur les côtes, ça pourrait servir un jour !
Peu après cette inattendue montagne rouge, nous arrivons à Nordurfjordur (de ce village de pêcheurs, on peut affréter un bateau vers le Hornstrandir mais c’est plus loin et donc plus cher que depuis Isafjordur, à moins de viser la côte est bien sûr) puis à Krossness, terminus de la piste, pour une baignade bien méritée…
Tentative avortée (neige) sur la piste 647 pour aller jusqu’à Munadarnes (nous y sommes allés à pied du coup, bof)
Nous retournons vers Holmavik pour analyser la météo (à faire plusieurs fois par jour car ça change tout le temps) puis nous décidons d’aller via la route 61 sur la piste 635 qui vient d’ouvrir elle aussi !
Partout chevaux et cygnes sauvages semblent faire bon ménage.
C’est fou comme le Hornstrandir semble accrocher les nuages !
D’ailleurs il est encore très enneigé…
La lumière de fin de journée est superbe quand nous découvrons la baie de Kaldalon, au débouché d’une langue glaciaire du Drangajokull, seul glacier des fjords du Nord Ouest.
Une piste mène jusqu’aux premières moraines glaciaires, d’où nous partirons demain pour marcher jusqu’au glacier. Mais d’abord profitons du beau temps et allons jusqu’au bout de cette très belle piste.
Cette maison idéalement située sur cette petite presqu’île semble occupée, on est samedi…
Nous arrivons à Unadsdalur et nous posons pour la nuit à côté de la mignonne petite église, au bord de l’eau, juste à l’embouchure d’une rivière : comme toujours c’est un spot idéal pour les oiseaux dont l’observation va nous occuper toute la soirée !
Je ne connais pas le nom de ces petits oiseaux marrons au sol et bicolores en vol. Un grand corbeau va à plusieurs reprises venir les embêter. Nous observerons aussi amusés un trio de canard colvert (une femelle et 2 mâles = problème !)
Les eiders sont toujours aussi craintifs dès qu’ils aperçoivent une silhouette humaine (par contre indifférents au fourgon), c’est la débandade dès qu’on s’approche à pied.
Au loin Isafjordur, capitale des fjords du Nord Ouest (base de départ pour des navettes en bateau vers le Hornstrandir) et un peu plus près le phare de l’Ile de Aedey.

Dimanche 22/05/16
Toujours autant d’activité chez les zoziaux au réveil ! Mais quand dorment-ils ?
Beau temps comme prévu, quelle chance décidément avec la météo !
Nouvel éclairage sur Aedey qui semble plus proche.
C’est là que nous avons dormi : nous n’avons vu personne dans le secteur, à part un camion de pompier allemand inoccupé garé un peu plus haut.
Nous nous garons à l’extrémité de la piste au pied des grandes moraines : 5 km nous séparent du glacier lui-même.
Il faut remonter la rivière en restant rive gauche, le sentier est cairné et quasi plat.
Quelques flaques sont encore partiellement gelées.
Ailleurs c’est déjà un peu le printemps.
Encore quelques névés.
Le glacier se mélange avec les nuages et seule l’ombre portée de la montagne sur le glacier le matérialise vraiment.
L’eau des flaques gelées s’évaporant au fil des jours de beau temps, un tintement cristallin attire mon attention. La glace se fendille sous l’effet de la pesanteur comme les pierres se sont fendues sous l’effet du gel.
Nous voilà au pied du glacier, d’allure vraiment débonnaire.
Cette pente très douce nous incite à essayer d’y monter mais hélas, la neige est très molle (j’ai marché pendant quelques dizaines de minutes en T-shirt, seule fois de ces vacances) et la marche y est épuisante ! Erreur de casting, nous avons pris les crocs (nous attendant à devoir traverser moult ruisseaux, ce qui ne fut pas le cas) alors qu’il aurait fallu les raquettes !
Retour au fourgon (3h en prenant son temps pour cette balade à recommander !), puis nous reprenons la belle piste 635 vers le sud.
Ces cailloux ont été déposés par le glacier qui allait autrefois jusqu’à la mer…
Au sortir de la baie de Kaldalon, un aigle pêcheur décolle soudain sous nos yeux ébahis !
Ils sont deux, et vont se poser un peu plus loin sur un petit récif…
Comme toujours nous n’avons pas le bon objectif : vite, vite on change et on déploie des ruses de sioux pour nous approcher à pied sans nous faire voir. C’est loupé pour le plus attentif, l’autre est toujours sur son rocher, un peu loin certes mais nous sommes ravis de cette rencontre inattendue.
Une petite photo de pavot arctique au gros téléobjectif en passant… j’adore ces fleurs !
Pause-déjeuner tout au bout d’une amusante piste de sable qui mène au bord de la mer, puis nous reprenons la piste, quand, en pleine digestion, je diagnostique tout de go une baleine !
Fred, habitué à mon tempérament optimiste et prompt à voir des choses « inattendues » se retient de ricaner quand lui aussi aperçoit un souffle !
Ah ! Je n’avais pas rêvé ! Voilà les preuves !
En fait nous verrons (de très loin) une demi-douzaine de baleines (sans doute des rorquals communs)
le long de la 635 donc puis de la 61 dans le fjord d’Isafjordur.
Je détaille avec intérêt la péninsule du Hornstrandir où nous irons peut-être cet été, en particulier cette faille impressionnante (uniquement sous cet angle, en fait la vallée est plus douce et large qu’il n’y parait)
Les fjords se succèdent
Puis nous arrivons à Isafjordur dont le port abrite pour une fois de vrais voiliers !
La ville est agréable, bien que très calme en ce dimanche après-midi.
Petit point routes et météo : la piste vers Skalavik vient d’ouvrir, allons-y !
Le temps se gâte un peu et au sortir du tunnel de Bolungarvik, le ciel est gris.
La route (réservée aux 4X4) est très amusante puisqu’on chemine sur quelques dizaines de mètres entre de hauts murs de neige.
On se pose au camping gratuit de Skalavik, où nous sommes seuls.
L’endroit semble en tout cas très apprécié des oiseaux !

Lundi 23/05/16
Il fait beau, c’est inattendu mais on décide d’en profiter tant que ça dure.
Nous sommes entourés de falaises abruptes et il n’est pas facile de randonner par ici alors nous quittons la baie, repassant dans la zone enneigée, puis devant les séchoirs à poissons de Bolungarvik,
Faisons un petit tour sur le port du village (nombreux bateaux de pêche) puis prenons la piste 624 vers Saebol qui vient elle aussi d’ouvrir et est aussi réservée aux 4X4, d’autant plus qu’un petit panneau indique la possibilité d’y randonner.
Pas de balisage mais on se doute qu’il faut grimper vers ce qui semble être un austère cirque hyper minéral.
Nous voilà arrivés dans l’amphithéâtre, et nous remontons le joli ruisseau.
Un peu plus tard en saison, le coin doit être vraiment charmant.
Le beau temps se maintient pour le moment.
On remonte jusqu’au pied des falaises mais de lac, point !
Redescente tranquille vers le fjord, avec une vue superbe, jusqu’au fourgon.
La période de beau temps s’achève dans le nord, alors nous partons plus au sud, pour attraper le ferry Baldur à Brjanslaekur.
Nous passons rapidement devant la cascade de Dyngjandi, faisons un petit détour pour une trempette à Reykjafjardarslaug (la piscine est HS, seul le bassin naturel est utilisable)
Un huitrier pie pas très malin a pondu juste au bord de la route à 5m du bain chaud si bien qu’il abandonne ses œufs à chaque passage d’humain (mais les voitures ne le dérangent pas)
Ces 3 œufs semblent mal partis…
Il fait un temps pourri quand nous prenons le ferry presque vide (pas de photos) jusqu’à Stykkisholmur, sur la péninsule de Snaefellsness, où nous arrivons vers 20h30.
On se pose pour la nuit près d’un petit lac pas loin de la ville, le vent se lève et va souffler toute la nuit. Jusqu’à présent, chose incroyable pour l’Islande, nous avons eu très peu de vent.
Mardi 24/05/16
Voilà une semaine que nous sommes arrivés en Islande et nous avons eu jusqu’ici beaucoup de chance avec le temps.
Aujourd’hui c’est différent : il fait gris et ça souffle très fort. 100 km/h selon la météo !
Les montagnes sont dans les nuages, les paysages sont bouchés, alors nous allons voir des zoziaux !
Même les énergiques sternes arctiques restent au sol, toutes dans le même sens, en attendant que ça se calme…
Direction le phare de la pointe ouest de la péninsule de Snaefellsnes.
Pas facile de faire des photos nettes dans ces conditions…
Pour la première fois cette année, nous voyons des guillemots et bien sûr des pétrels, le plus souvent en couple, tandis que les guillemots sont plutôt en « tas »
Activité intense chez les pétrels pour construire leurs nids : ils font des va et vient incessants entre la falaise et une zone herbeuse où se trouve en plus une mare de boue (asséchée) qui sert de liant à l’herbe qu’ils arrachent à grands coups de bec.
Nous regagnons le fourgon, et reprenons la piste vers une zone autrefois habitée par des pêcheurs du temps des vikings: c’est le seul endroit sur la côte où celle-ci permet la mise à l’eau d’embarcations.
En route, nous remarquons un couple de lagopèdes.
Il reste quelques murs de pierre de lave et avec ce temps il est aisé d’imaginer ce qu’a pu être la vie de ces gens…
La route 570 qui traverse la péninsule au niveau du Snaefellsjokull est dans les nuages et en plus fermée donc nous longeons la côte jusqu’à Arnastapi.
Bonne surprise cet endroit ! Certes il y a du monde mais comme toujours dès qu’on fait 300 m il n’y a plus grand monde mais plein d’oiseaux (quasi uniquement des pétrels au nid, et des eiders en mer) et une côte très découpée et spectaculaire.
J’adore cette maison et sa jolie clôture moussue !
Ne pas manquer depuis l’arche en face du parking de longer la côte vers l’est jusqu’au petit port de Arnastapi : plusieurs gouffres communiquant avec l’océan truffés d’oiseaux !
Nous reprenons la route vers l’est pour quelques km jusqu’au site de Ytri Tunga, connu pour sa colonie de phoques.
Nous en voyons quelques- uns qui se prélassent sur un rocher jusqu’à ce que la marée montante les en déloge. Un local nous indique qu’ils sont toujours là le matin à marée haute, alors nous décidons de revenir le lendemain dans l’espoir de les voir dans de meilleures conditions.
Nous trouvons un coin de bivouac au bord d’une piste qui mène à la rive est de la petite baie de Budir, où batifolent quelques phoques venus s’abriter du ressac.

Mercredi 25/05/16
Temps couvert au réveil et en arrivant à Ytri Tunga, et en plus pas de phoques !
Sans doute la mer est-elle trop agitée ?
La mer n’est pas tout-à-fait haute alors on traine, on attend, mais de phoques…point.
Je propose alors à Fred de remonter un peu la côte vers le nord, là où l’on voit de grosses vagues se briser sur la falaise.
Nous effrayons quelques oiseaux, et alors que le soleil apparait soudain, de façon tout-à-fait imprévue, nous apercevons un phoque sur un rocher, en bordure d’une sorte de « piscine » d’eau calme cernée par le ressac.
Il y a là quelques mamans phoques accompagnées de leurs petits, c’est trop mignon : les mamans n’ont d’yeux que pour nous et les petits que pour leur mère !
Cette éclaircie inespérée tombe à pic ! Au loin le Snaefellsjokull est toujours dans une épaisse couche de nuages : nous ne le verrons pas cette fois !
Il y a toujours autant de vent et ça creuse ! Après une pause déjeuner nous repartons vers l’est en direction des grottes de Surtshellir (après Reykholt et Husafell)
Je réalise à l’occasion d’un point route/météo que la piste 550 a ouvert aujourd’hui ainsi que la 551 qui mène au glacier Langjokull : quelle chance !
Hop là, il y a une autre éclaircie, on file vers le glacier et on ira aux grottes demain !
On fuit donc le mauvais temps qui est juste un peu plus au nord…et nous arrivons au pied du glacier, où un bulldozer travaille au déneigement du bout de la piste qui mène au refuge, il n’est pas au bout de ses peines !
Une compagnie propose des tours en camion sur le glacier, on voit ici les traces du camion.
Nous préférons y aller seuls, moins loin certes mais à notre rythme, alors nous chaussons les raquettes (il fait 8°C et la neige est très molle)
Les sommets sont dans les nuages.
On arrive bientôt à l’altitude du refuge.
Il faut bien analyser le terrain pour ne pas se retrouver les pieds dans l’eau !
Le ciel est superbe mais la grimpette face au vent de plus en plus fort est épuisante.
Tout petit sur l’immense glacier, nous apercevons le camion qui avance tout doucement.
Finalement le vent forcit encore et le ciel se couvre, demi-tour, nous avons notre compte et retrouvons avec plaisir le confort douillet du fourgon.
On reprend la piste 550 vers le nord puis tournons à droite vers la piste qui mène aux grottes.
On se pose pour la nuit au bord de la rivière. Ouf !

Jeudi 26/05/16
Quelques km nous séparent du parking des grottes de lave : la dernière fois nous avions visité Surtshellir (1970 m de long), la plus proche et la plus aisée à explorer. Cette fois nous espérons trouver une entrée pour Stefanshellir (1520 m), non balisée (en dehors de quelques cairns) car assez labyrinthique et plus fragile car on y trouve quelques stalactites et mites de lave ou de glace.
Il reste encore plein de neige dans les entrées des grottes ce qui complique un peu les choses.
Nous trouvons tout de même assez facilement une entrée pour Stefanshellir (cairnée) et nous y descendons prudemment. Il est 7h du matin, il n’y a personne, le sol est tapissé de glace et absolument chaotique : ce n’est pas l’endroit pour se faire mal !
Au moins sommes-nous à l’abri du vent, qui se déchaîne aujourd’hui comme hier !
Nous n’allons pas bien loin tant le cheminement est difficile (d’autant que nous n’aurons l’idée de mettre nos crampounets qu’au bout d’un temps certain…ce qui change tout !)
En effet nous découvrons quelques stalactites de glace et de lave, que nous éclairons tant bien que mal pour les immortaliser. Certes ce n’est pas Lascaux mais c’est amusant !
Nous retrouvons une sortie un peu plus aisée que notre entrée…
Retour vers le fourgon sous une averse d’énormes gouttes de pluie (première vraie pluie depuis que nous sommes en Islande) horizontale, aïe, aïe, aïe !
Du coup nous allons faire un petit tour dans la grotte de Surtshellir (entrée N°1) histoire de comparer avec Stefanshellir : atmosphère complètement différente ! Elle est beaucoup moins froide et humide, pas de glace, pas de stalactites. Nous avançons un peu plus loin dans la grotte jusqu’à ce que je réalise que ma lampe frontale est à plat et que l’autre lampe est du Made In China !
Demi-tour donc tant qu’elle fonctionne ! Ouf, on a trop chaud dans ces grottes abritées du vent avec nos grosses doudounes + vestes de pluie.
Déjeuner, puis on reprend la route vers le sud, longeant le lac Thingvallavatn où nous rencontrons une très sympathique bergère islandaise ! Dans les fermes on trouve surtout cette race de chien ou des border collies.
Avec ce temps pourri, autant rouler, alors on pousse jusqu’à Hjorleifshofdi, un peu à l’est de Vik, où nous nous arrêtons pour la nuit.
Vendredi 27/05/16
J’ai beau scruter la carte météo sous tous les angles, je ne vois guère d’espoir d’amélioration au niveau de la météo. J’avais plus ou moins envisagé d’aller dans la vallée de Thorsmork mais il nous semble idiot d’aller prendre des risques sur une piste réputée difficile pour ne rien voir avec ce temps bouché. Nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur et comme la pluie n’est attendue qu’à partir de midi, nous décollons de bonne heure pour faire les « marronniers » que nous avions toujours évités lors de nos précédents voyages, craignant la foule.
Il est 6h du matin quand nous arrivons à Reynisdrangar et il y a déjà quelques personnes !
Nous grimpons ensuite sur la falaise (un sentier part de la petite église de Reynir) dans l’espoir d’y voir des macareux, mais de macareux…point, uniquement des pétrels, et encore, pas beaucoup.
La grimpette est tout de même récompensée par la vue, sur les pics basaltiques (c’est amusant car depuis Reynisdrangar on n’en compte que 2 !) et sur Dyrholaey à l’ouest, qui disparait peu à peu dans la soupe.
En redescendant nous inspectons l’endroit bruyamment défendu par un couple d’huitriers pie et découvrons deux petits oisillons, posés à même le sol. Ces oiseaux ne font pas de nid !
Nous reprenons le fourgon pour aller à Dyrholaey, temps de plus en plus bouché !
Allons faire un tour au Solheymajokull, langue glaciaire du Myrdallsjokull, accessible par une piste qui vient d’ouvrir. Il pleut, il y a foule sur le parking, pas envie…
On décide de revenir ce soir en clandestin car on est sûr de se faire regarder de travers par les guides touristiques si on va sur le glacier sans utiliser leurs services.
Nous reprenons la route N°1 vers Hvolsvöllur, histoire de faire un point météo. En effet il est plus difficile dans cette région sud hypertouristique de trouver de la 3 ou 4G que partout ailleurs en Islande ! Alors que nous passons le pont sur la Markafjlot, nous remarquons une éclaircie sur l’embouchure de la vallée de Thorsmork… Plein d’eau et d’essence à Hvolsvöllur, prévisions météo toujours aussi décourageantes, puis nous repartons vers Solheymajokull.
L’éclaircie sur la Markafjlot est toujours là, encore plus belle même !
On se regarde et hop c’est décidé, on tente Thorsmork. Il est 14h, nous ne reprenons l’avion qu’après-demain matin, on a le temps !
Nous voilà dans la vallée de la Markafjlot et il y a carrément du ciel bleu vers l’est et c’est là que nous allons, yes !
On croise quelques voitures impressionnantes, qui nous regardent bizarrement, ce qui n’est pas fait pour nous rassurer…
1er gué gentillet, annoncé à 30 cm d’après mon guide. Plutôt 20 aujourd’hui, hé, hé…
2ème gué débonnaire…
Pour le 3ème gué, il y a plus de courant alors on ne s’arrête pas pour la photo.
Nous avons le soleil dans le dos et les couleurs sont superbes sur la Markafjlot dont ce 4X4 s’amuse à explorer les méandres (le hors-piste est formellement interdit en Islande sauf apparemment dans le lit des rivières qui se remodèle à chaque crue)
Nous sommes en contrebas du célèbre Eyjafjallajokull dont le volcan a défrayé la chronique en 2010.
Les gués se succèdent alors que le ciel se couvre.
La prudence est de rigueur dans cette eau opaque qui dissimule d’éventuels obstacles.
Un tourbillon très localisé soulève d’énormes quantités de sable.
Nous reconnaissons l’Einhymingur, emblématique montagne de Thorsmork, que tous ceux qui ont fait le trek du Laugavegur reconnaitront aussi.
Le Gigjokull, langue glaciaire de l’Eyjafjallajokull apparait : 2 pistes y mènent. Nous choisissons au pif la 2ème , celle de l’est (sans doute le temps que l’idée d’y aller ne nous monte au cerveau), mais un passage avec de grosses pierres nous oblige à faire demi-tour et à prendre la piste ouest.
Encore un ou deux gués avant d’arriver au pied du Gigjokull. Avant l’éruption de 2010, le Gigjokull vêlait dans un lagon parsemé d’icebergs. Une énorme coulée de lave a fait disparaitre le lac ! Vous trouverez des photos sur Google Image.
La piste mène donc à présent presqu’au pied du glacier dont le front est percé d’une grotte de glace.
Impossible toutefois sans se mouiller de traverser la rivière qui nous sépare de celle-ci : une autre fois car nous sommes pressés de finir la piste tant qu’il fait beau.
Remarquez tout en haut de la falaise la petite arche, mais surtout les traces laissées autrefois par le glacier, très haut sur la falaise polie par son avancée. Impressionnant ! Quelle journée !
Le ciel est noir lorsque nous arrivons à la jonction de la Krossa et de la Markafjlot, au pied du Valahnukur. Il y a ici une passerelle pour ceux qui ne souhaitent pas tenter le très dangereux gué qui mène à Husadalur, le camp principal de la vallée de Thorsmork.
Nous continuons en rive G de la Krossa vers Basar, autre refuge dont l’accès est plus aisé en voiture.
Vers 19h (oui, nous prenons notre temps pour déguster cette piste et ces lumières incroyables !), nous nous arrêtons pour faire une petite rando vers la cascade de Stakkholtsgia. On remonte le ruisseau en rive gauche dans une vallée encaissée parfaitement éclairée par le soleil du soir. Nous gardons les pieds secs jusqu’aux derniers 50 m (c’est toujours comme ça) : nous déchaussons-rechaussons pour un premier gué, immédiatement suivi d’un deuxième beaucoup plus long puisqu’il faut carrément remonter la gorge dans la rivière. Les crocs sont bien sûr restées dans le fourgon. Je sacrifie mes chaussures pour aller voir en amont comment ça se présente : il faut ensuite grimper sur un pont de neige en voie de fonte et l’on découvre enfin la cascade qui n’est pas très photogénique car masquée par des replis rocheux. Bref, je fais quelques photos et les montre à Fred qui s’en contente et garde les pieds secs !
Demi-tour toujours sous le soleil et alors que nous arrivons au débouché du canyon, nous apercevons un…renard arctique, qui ne nous a pas vus, occupé qu’il était à gagner la rivière pour s’y désaltérer !
Bien sûr je n’ai que le 24-105, trop court pour la circonstance mais j’ai tout de même le temps de déclencher quand il détecte enfin notre présence et détale à toute vitesse.
Quelle journée !
Allez c’est pas fini, on continue, encore un gué, et ce ciel ! Mais quelle journée !
On s’amuse comme des enfants à traverser et retraverser juste histoire de faire quelques photos, avec cette lumière d’apocalypse
Qui rend cette mousse fluorescente !
Et voilà, le dernier gué, le plus gros, avec un arc en ciel en prime ! C’est l’apothéose !
D’après mon guide, le gué le plus profond serait de 80 cm (comme celui sur la Krossa vers Husadalur mais avec beaucoup moins de courant et de grosses pierres)
Je ne pense pas que nous ayons eu plus de 60 cm, avec toujours un courant raisonnable.

Nous reconnaissons le camp de Langidalur où nous étions passés il y a 3 ans lors de notre trek vers Skogar, puis nous arrivons au camp de Basar vers 20h00, toujours accompagnés de notre arc-en-ciel !
Le gardien est là, nous nous acquittons des 3000 kr pour la nuit et allons nous poser dans le camping presque vide.
Nous nous endormons alors que l’arc en ciel est encore là : il a donc duré au moins 2 heures !
Ah ! Quelle journée magique, tellement inespérée alors qu’elle avait commencé de façon si ingrate…

Samedi 28/05/16
Le miracle continue : en dépit des prévisions, il fait beau !
C’est incroyable, il y a bien un microclimat dans cette vallée. A l’est de Basar, c’est-à-dire plus haut dans la vallée de la Krossa, le ciel est sombre mais le Valahnukur resplendit dans le soleil matinal.
Deux passerelles nous permettent de traverser sans risque les deux bras de la Krossa et de rejoindre le camp de Langidalur.
Nous nous élevons sur les pentes du Valahnukur, ce qui nous permet d’apercevoir à nos pieds Langidalur et au loin de l’autre côté de la Krossa notre petit fourgon.
Ici c’est le printemps, quel plaisir que ce vert tendre après 10 jours de neige et de cailloux. Je comprends à présent pourquoi les Islandais adorent cet endroit, que nous avons le privilège de découvrir seuls.
A l’est c’est le Mordor.
A l’ouest il fait beau même si l’Eyjafjallajokull reste coiffé de nuages.
En contrebas on devine le chalet d’Husadalur et l’on peut suivre le cours de la Markafjlot jusqu’à l’océan.

Au nord-est l’Einhymingur et Hattafell, puis d’autres montagnes inconnues pour nous.
Nous voilà presqu’en haut, nous surplombons les collines boisées où passe le Laugavegur juste avant l’arrivée à Langidalur.
Au sud, Basar et la vallée de Hvanngil et derrière la crête escarpée qui mène vers Fimmvorduhals
Gros plan sur les séracs de l’Eyjafjallajokull
Voici en « vue aérienne » le gué vers Langidalur
Vers l’ouest la Krossa et l’Eyja et au loin l’océan.
Immédiatement à l’ouest du Valahnukur de jolies montagnes de rhyolite et le sentier qui mène de la première passerelle vers Husadalur (je suppose qu’il en existe un autre qui passe par le bas)
Nous profitons à fond du panorama, et c’est un vrai plaisir de reconnaitre certains sommets (aidés en cela par la table d’orientation), puis nous descendons vers Husadalur, du côté abrité du vent de la montagne : aussitôt on enlève 2 couches ! Ah qu’il fait bon au soleil et à l’abri du vent !
Plus bas, nous traversons une jolie vallée boisée, par endroit fleurie de lupins, avec de vrais arbres même si les glaciers ne sont jamais bien loin. Il y a de petits airs de Norvège par ici…
Nous remarquons l’absence totale d’eau dans les nombreux ruisselets rencontrés, alors que les glaciers sont « sales » comme en fin d’été et que la neige a complètement disparu sauf sur les plus hauts sommets. Comme une impression de sécheresse !
Du coup nous voilà complètement rassurés pour la piste du retour que nous parcourons tranquillement cette fois sans nous arrêter (1h15, 25 km et une dizaine de gués)
Nous passons rapidement à Reykjavik, encore sur notre petit nuage dont nous avons du mal à redescendre (bah, on la visitera une autre fois) et poursuivons jusqu’au phare de Gardur, situé à une quinzaine de km de l’aéroport de Keflavik où il est permis de camper gratuitement.
Bagages, nettoyage, rangement…
Nous prenons l’avion demain à 7h40, passant le relai à notre plus jeune fille Marion et son amie Nadia…
A suivre…












Répondre 15 réponses 1640 vues 0 0 0
Bonjour Marie,

Nous sommes un couple de voyageurs et nous avons fait un road trip de 5 jours sur cette magnifique île en novembre 2014.

Nous avons seulement fait le sud et nous aimerions vraiment y retourner pour voir ce que l'on a pas vu!

Nous avons créer un blog dans lequel nous racontons nos voyages. Je vous laisse y faire un tour afin de découvrir notre récit sur l'Islande et peut-être nous dire ce que nous pourrions voir pour la prochaine fois: http://www.twodreamerz.com/index.php/fr/nos-voyages/nos-road-trips/111-islande

Marine et Ivan
par Marine le 12 juin 2016 21:20 0 0 0
Bonjour Marie,
2 fois l'Islande la même année, quelle chance !! Je n'ai lu que le début de ton récit, mais je sais d'avance qu'il va une nouvelle fois me mettre l'eau à la bouche... J'ai hâte de voir les photos, qui sont toujours de grande qualité. Pour nous pas d’Islande cette année, elle me manque depuis l'été dernier mais on essaiera d'y aller en 2017.
Merci de prendre le temps d'écrire un récit si long et détaillé, en plus de faire rêver, ça aide bien à préparer son propre voyage !
par loupiote le 12 juin 2016 22:13 0 0 0
Merci Marine et Loupiote!
Marie
par Marie le 13 juin 2016 19:41 0 0 0
Merci Marine et Loupiote!
Marie
par Marie le 13 juin 2016 19:41 0 0 0
ça y est, j'ai tout lu/dévoré !!! Super récit. Et quel plaisir des yeux encore,avec ces sublimes photos et des lumières de malade, comme l'Islande sait en offrir à quelques chanceux au bon endroit au bon moment. Vous avez fait un très beau parcours, finir par Thorsmork est une vraie cerise !!
Pour répondre à tes interrogations du jeudi 19 mai, je ne sais pas pourquoi le poil des chevaux islandais est "inodore et non gras" selon toi. Je sais qu'ils sont génétiquement un peu différents des autres chevaux, ce qui leur confère certaines caractéristiques (outre leurs 5 allures) comme une formule sanguine différente qui les ferait passer pour anémiés en comparaison avec un cheval classique. Peut-être la réponse est-elle donc à chercher de ce côté là, mais le vent quasi permanent doit aussi jouer un rôle dans ce phénomène? Ce que j'ai remarqué pour ma part, c'est qu'ils sont assez "autonettoyants", du moins, en Islande. Lâchés mouillés de sueur dans un parc en terre, ils s'y roulent, s’ébrouent et ne sont même pas boueux au bout de quelques minutes. Très pratique pour le cavalier !!
Pour le petit oiseau en photo un peu plus bas dans ton récit de cette journée en revanche, j'avais photographié le même notamment au Landmannalaugar dans la rivière chaude et j'avais fait des recherches car je ne le connaissais pas non plus. Du coup maintenant, je le reconnais : c'est un phalarope à bec étroit.http://www.oiseaux.net/oiseaux/phalarope.a.bec.etroit.html
par Loupiote le 14 juin 2016 16:33 0 0 0
Salut Loupiote,
Bien vu pour le phalarope à bec étroit!
Et les oiseaux grégaires près de Kaldalon pourraient être des bécasseaux maubèche.

Quant à la "non-odeur" du pelage des chevaux islandais, j'en ai discuté avec une amie qui a des chevaux qui "puent" en Lorraine dont l'odeur et le gras du pelage disparaissent après qq jours au bord de la mer (du Nord) : sans doute le climat joue-t-il un rôle dans l'affaire...

Je ne savais pas pour cette histoire de formule sanguine chez les poneys islandais... on pourrait imaginer qu'un sang "moins épais" circule mieux dans les extrémités par temps très froid. Qu'en est-il exactement? Tu as un lien?

A+
Marie
par Marie le 15 juin 2016 12:01 0 0 0
je vais essayer de te retrouver ça mais demain ! là, c'est dodo au programme !
Et attention, les Islandais sont très sensibles au vocabulaire et leurs destriers, malgré leur petite taille, ne sont pas des poneys mais bel et bien des CHEVAUX !!!
par Loupiote le 15 juin 2016 22:25 0 0 0
Oups, heureusement qu'on les a papouillés en leur parlant Français.
Je croyais que la définition du poney était moins de 149 cm...mais sans doute les islandais ont-ils une autre vision des choses...
par Marie le 16 juin 2016 11:41 0 0 0
Salut Marie,

Tu peux me situer (le plus précisément possible....) ce lac chaud à la sortie d'Husavik ?
Merci

Patrick

P.S: Super ton site ! :-)
par FomeZero le 17 juin 2016 17:14 0 0 0
Salut Patrick,
Il est au bord de la route qui quitte Husavik vers le sud, du côté G, précisément à 3,2 km du port de Husavik.
On le voit de la route.
A+
Marie
par Marie le 17 juin 2016 19:56 0 0 0
@FomeZero : Tu devrais trouver ton bonheur ici : http://hotpoticeland.com

Bonne soirée
par Hohl le 17 juin 2016 22:14 0 0 0
Merci à vous deux !
J'ai bien pensé que c'était là, selon les explications précises de Marie.
par FomeZero le 17 juin 2016 22:27 0 0 0
Désolée Marie, malgré mes recherches, je n'arrive pas à remettre la main sur le site où j'avais appris quelques une des particularités génétiques des chevaux islandais. Il y avait aussi une histoire de proportions estomac/intestin grêle/gros intestin différentes des autres équidés mais je ne me souviens plus bien des détails. Je vais continuer à chercher !
Sinon, tu as parfaitement raison, normalement, on différencie chevaux et poneys en fonction de leur taille, 1,49 m étant la barre limite pour basculer d'un côté ou de l'autre. Mais chez certaines races, on s'affranchit de ce repère, cf les chevaux Mérens (race d'Ariège), qui sont des chevaux depuis 1998 je crois, les chevaux Camargue, et bien sûr donc les chevaux Islandais, dont la force, la vivacité et la fougue ainsi que la prestance sous le cavalier font qu'on les appelle chevaux.
par Loupiote le 18 juin 2016 19:14 0 0 0
Salut Loupiote,
Fais nous signe si tu retrouves ces infos physiologiques, je trouve ça fascinant!
Quand je vois tous les soucis qu'à mon amie avec ses chevaux d'ici (bon OK elle a un petit côté assistante sociale et récupère souvent des chevaux "à problèmes"), et la rusticité des chevaux islandais, je me dis que la sélection naturelle a bien fait les choses en Islande...
A+
Marie
par Marie le 19 juin 2016 11:46 0 0 0
coucou Marie,
je n'ai pas retrouvé précisément l'article dont je te parlais mais un autre, qui parle du taux de sélénium dans le sang. Les chevaux islandais en ont sensiblement moins que les autres chevaux, ce qui serait largement une carence pour ces derniers, et s'en portent pourtant très bien !

"Récapitulons : le sélénium est important pour la transmission des informations de la thyroïde (dont au niveau du coeur et des os), les muscles et la protection cellulaire contre les oxydations intempestives. Un cheval au travail va produire plus de déchets et donc aura besoin de plus de sélénium qu'un cheval au repos. Nous verrons les chiffres un peu plus loin.
La carence est possible dans certaines régions de France avec un sol primaire (Massif central, Vosges, Ardennes, Massif Armoricain), pour ces régions, il vaut mieux vérifier la ration.
A noter que certains types de chevaux (Islandais) s'en accommodent jusqu'à un certain point.
Il a été noté que ces chevaux supportent une concentration de 66 μg / L de sélénium dans le sang (avec la normale entre 140 à 250 μg / L) sans conséquence clinique. Donc des signes de carence chez ces chevaux seront donc liés à une carence sévère. Par contre, ces chevaux avec une ration contenant suffisamment de sélénium seront increvables ! " .

Je confirme !!! ^^
c'est extrait du site http://www.techniquesdelevage.fr/tag/analyses/2
par Loupiote le 02 juillet 2016 17:03 0 0 0
Je réponds...
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