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Kárahnjúkar vu par une Islandaise

le 02 mars 2006
par Sig
Kárahnjúkar vu par une Islandaise

Ólöf P. a tenu à réagir à l'article sur le projet Kárahnjúkar en donnant son point de vue en tant qu'habitante de l'île :
Les travaux entrepris dans le secteur de Kárahnjúkar sont une catastrophe non naturelle, un séisme artificiel. En Islande, on a tendance à ne pas trop en parler. Encore un exemple honteux à ne pas citer. Encore une fois, les intérêts d'un petit groupe a eu la priorité sur les intérêts du public en Islande et en Europe en général. De quoi se voiler la face et faire l'autruche.

De longue date, les autorités islandaises ont tendance à désigner les associations pour la protection de la nature comme des bandes de terroristes. Tout a commencé quand les Islandais ont signé un accord pour interdire la pêche de la baleine. Une fois l'accord signé, les grands armateurs baleiniers ont voulu continuer leur pêche, pensant que personne ne ferait attention aux agissements de quelques individus isolés dans l'Arctique... Or, les associations Greenpeace et Sea Shepherd ont dénoncé ces armateurs. La pêche de la baleine n'est pas traditionnelle en Islande, contrairement aux Féroé, et les Islandais ne mangeaient que très peu de cette viande marine. Ils n'allaient pas pêcher le mammifère, mais ils le découpaient quand il échouait sur les grèves. Les associations de genre Greenpeace ont été désignées comme l'ennemi public numéro un: ces étrangers n'y connaissent rien, ils n'ont pas à nous donner des ordres. Nous, on est indépendants, on est maîtres chez nous. Aux oubliettes, les accords passés!

Maintenant, c'est encore la même histoire. Une centrale électrique est érigée de toute urgence par des sous-traitants italiens, sous prétexte qu'il faut garantir l'emploi de ceux qui vivent dans les fjords de l'Est et construire une usine d'aluminium alimentée par la nouvelle centrale. Ils ne sont pas bien nombreux, les habitants de ces beaux fjords sauvages au climat carrément méditerranéen en été, et le tourisme serait certainement une aubaine pour eux pour des années, des siècles à venir. Or, la pollution et la disparition de ces zones sauvages vont nuire au tourisme. Alors, oú est l'intérêt?

A Reykjavík, ce sont surtout les jeunes qui se mobilisent contre le vandalisme de Kárahnjúkar. Ceux qui gouvernent disent que ce sont des terroristes étrangers, comme toujours, qui utilisent la protection de la nature comme prétexte pour se défouler. Les autres Islandais n'ont pas vraiment le choix. On est mis devant le fait accompli. Dur de s'impliquer dans une micro-société comme celle-ci...

Un lien qui fait le point, déjà cité sur ce site, en francais aussi:
http://www.savingiceland.org/french?PHPSESSID=750b179c3951f69b382d2b7c389db2c9

Un café sympa, lieu de rendez-vous de ceux qui critiquent la politique environnementale:
http://kaffihljomalind.org/

Un grand merci à Ólöf pour cet article