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La côte de Strandir

Date 06 Septembre 2019

La côte de Strandir

La côte de Strandir

La côte du Strandir est sans aucun doute après le Hornstrandir, la partie la plus sauvage des fjörds de l’Ouest. De Hólmavík à Krossnes, la population semble avoir complètement déserté la région et rares sont les touristes à venir s’aventurer sur la route de terre de cette côte.

De nombreux bois venus de Sibérie sont échoués sur les plages le long de la route 643, ce qui accentue encore le côté désertique et mystique de la région.

Accéder à la côte de Strandir

Hólmavík se trouve à environ 230 km de Reykjavík (environ 3 heures de route) par des routes goudronnées : route 1, puis routes 60 et 61. C'est au nord de Hólmavík que commence la route 643 (Strandavegur), en gravier, étroite et lente, qui se dégrade encore au nord de Djúpavík. La route 645 permet de faire la boucle jusqu'à Drangsnes avant de rejoindre la 643 plus au nord.

  • Véhicule : aucune piste F n'est concernée et une voiture classique peut passer en été par temps sec, en roulant prudemment. Un véhicule plus haut sur roues est plus confortable, car la route est parsemée de nids-de-poule.
  • Durée : comptez au moins une demi-journée depuis Hólmavík pour atteindre Krossneslaug, et deux jours ou plus pour profiter de la côte.
  • Carburant : faites le plein à Hólmavík. Il y a une petite pompe à Norðurfjörður, mais mieux vaut ne pas compter dessus.
  • Période : la côte complète n'est vraiment praticable que de juin à début septembre. En hiver, la 643 au nord de Bjarnarfjörður n'est pas déneigée régulièrement et reste généralement fermée pendant des mois. Hólmavík et Drangsnes restent accessibles toute l'année. Consultez road.is avant de partir, quelle que soit la saison.

Le Strandir : région de sorcellerie…

Mannequin encapuchonné de toile de jute écrivant à la plume dans une reconstitution du musée de sorcellerie de Hólmavík

La côte est également connue comme étant la région d’Islande où la sorcellerie a été le plus pratiquée. L’histoire d’Islande compte bon nombre de récits se déroulant dans cette région et dans lesquels on retrouve la présence de sorciers et autres mages.

Aujourd’hui encore, le long de la route, on croise quelques symboles de sorcelleries. À Hólmavík par exemple, on trouve le Musée de la sorcellerie. Devant le musée deux gros corbeaux accueillent les touristes comme pour les prévenir de l’étrangeté de l’endroit.

Le musée est petit mais très intéressant, on y trouve notamment quelques parchemins et textes d’autrefois, des objets utilisés par les sorciers et quelques surprises étonnantes…

…et de calme

Le fjord Steingrimsfjördur sépare Hólmavík de Drangsnes, qui sont les deux villages les plus importants de la côte. Drangsnes est particulièrement connu pour son hotpot à 40° avec vue sur la mer et l’île de Grimsey.

Les bains chauds de Drangsnes, aménagés dans le mur du front de mer en face du village, sont gratuits. Plus au nord, à Bjarnarfjörður, se trouve aussi la piscine chaude de Gvendarlaug, qui aurait été bénie par l'évêque Guðmundur le Bon selon la tradition.

Un bateau au départ de Drangsnes (uniquement en été, de juin à août) permet justement de s’y rendre, on peut rallier l’île en 10 minutes seulement et y admirer l’incroyable avifaune qui la peuple : Macareux, guillemots noirs, fulmar et autres sternes arctiques composent notamment les quelque 75.000 oiseaux de l’île. Avis aux amateurs de photo !

En direction du Nord, une halte au village de Djúpavík s’impose pour découvrir cette ancienne station de pêche abandonnée depuis les années 1950. La route 643 traverse cette immense usine à l’abandon célèbre notamment pour avoir accueilli le groupe islandais Sigur Ros venu jouer dans cette ancienne station en 2006. Depuis, plusieurs tournages de films y ont eu lieu également.

L'usine de harengs, construite en 1935, mesure 90 mètres de long : c'était le plus grand bâtiment en béton d'Islande. Fermée en 1954, elle a été rachetée en 1984. Ses halles accueillent aujourd'hui des expositions et des concerts, et l'ancien dortoir des ouvrières abrite depuis 1985 l'hôtel Djúpavík, l'une des rares possibilités de dormir sur cette partie de la côte.

Quelques kilomètres plus au Nord de Norðurfjörður, on trouve une piscine en contrebas de la route. Même si cela peut paraître complètement improbable, au fin fond (ou presque) de la côte de Strandir se trouve la piscine Krossneslaug avec une eau à 38° et une vue incroyable sur la baie d'Húnaflói.

La piscine date de 1954 et l'entrée est payante, vestiaires, toilettes et douches compris. Il n'y a pas de parking au bord de l'eau : on laisse la voiture sur le bas-côté de la route, quelques dizaines de mètres au-dessus de la piscine, puis on descend à pied par un chemin (environ 5 minutes). Le site n'est accessible que de la mi-mai à fin août environ. Avec un peu de chance, on peut y apercevoir des baleines, des phoques et de nombreux oiseaux marins. Prévoyez 30 à 60 minutes sur place.

Vieille barque échouée sur l'herbe au bord d'un fjord du Strandir, montagne voilée de nuages

Crédit photo Strandir : © icerock - Fotolia.com

Conseils pratiques

  • Le temps change vite sur cette côte et le vent venu de la baie d'Húnaflói reste froid même en juillet : prévoyez plusieurs couches et une veste coupe-vent.
  • Roulez lentement sur le gravier, serrez à droite dans les montées sans visibilité et attendez-vous à croiser des moutons sur la route.
  • Le réseau mobile est faible par endroits au nord de Djúpavík : prévenez quelqu'un de votre itinéraire.
  • Commerces, cafés et hébergements sont rares (hôtel Djúpavík, Kaffi Norðurfjörður, maisons d'hôtes à Drangsnes et Hólmavík) : réservez à l'avance en été.
  • Les plages de bois flotté sont des terres privées : on peut s'y promener et les photographier, mais pas emporter de bois.
  • En été, des bateaux partent de Norðurfjörður vers la réserve naturelle de Hornstrandir.